La Condensation et l’isolation
Faire une isolation c’est d’abord réaliser une séparation, pour une pièce, un local, une habitation, (…) entre l’air à l’intérieur de cet ensemble et celui à l’extérieur.
Cette séparation doit d’abord empêcher l’air de passer de la zone interne vers l’extérieur.
1°) Pose murale d’isolant mince :
on obtient globalement un sandwich composé des couches suivantes en partant de l’extérieur (cf. le schéma ci-après) :
► mur de la maison
► couche d’air externe
► isolant mince
► couche d’air interne
► Couche décorative intérieure (placo, …)
► Air ambiant dans la pièce.
a) La couche d’air externe : elle est constituée d’air piégé, qui ne communique ni avec l’intérieur ni avec l’extérieur.
De plus, comme elle est protégée par le mur, on peut dire que d’une part sa température ne varie que dans des faibles proportions et que d’autre part sa température est supérieure à celle de l’extérieur (sauf par temps très chaud).
De ce fait, les possibilités de condensation dans cette zone sont très faibles.
De plus le volume d’air concerné par cette zone est presque négligeable.
En effet : soit une maison de 10 X10 m2 au sol et de 5 m de hauteur.
Le volume total d’air de cette zone est :
(10+10+10+10) * 5 * 0,02 =4 m3
A 20°C, l’eau vapeur contenue dans ce volume est :
4 * 17,148=69 grammes d’eau.
C’est-à-dire seulement ½ verre d’eau pour toute la maison !
Donc on peut affirmer qu’il n’y a pas de problème de condensation dans cette couche d’air.
Remarque : il peut toutefois y avoir un problème d’humidité (nous traitons ce cas plus loin).
b) La couche d’air interne :
Suivant les schémas de pose, cette couche d’air est soit directement en contact avec l’air ambiant de la pièce, soit protégée par une couche décorative (placo, lambris, …).
Cette couche a donc, dans le cas le plus défavorable, la même composition d’air que celui de la pièce et donc les mêmes teneurs en vapeur d’eau.
Comme la paroi de l’isolant a une température plus faible (en hiver) que l’air ambiant dans la pièce, il peut y avoir des phénomènes de condensation sur la face interne de l’isolant mince.
On doit donc regarder l’importance de l’humidité apportée par les activités humaines (présence de salle d’eau, cuisine, ou même respiration s’il s’agit d’un local avec beaucoup de personnes).
Si l’humidité apportée risque d’être importante, il faut une ventilation adaptée : dans le cas général, une VMC (ou une grille de ventilation basse et haute) apportera toute satisfaction.
Il est important de noter que ce n’est pas l’isolation qui provoque la condensation ; l’isolant est même plutôt un atténuateur car les parois des murs isolés ont une température plus forte, ce qui diminue l’importance de la condensation.
Par contre, une isolation peut diminuer le renouvellement d’air dans une pièce. Dans ce cas là, si l’humidité est importante, cela peut causer des condensations.
Un moyen, parfois aisé, de se rendre compte si on est dans une situation à risque de condensation ou pas est de regarder s’il y a des dépôts de buée sur les fenêtres du local concerné : les fenêtres sont, dans les maisons avec des murs isolés, les surfaces les plus froides, donc les surfaces où apparaîtra en premier la condensation.
2°) Pose en toiture d’isolant mince :
a) la couche d’air interne :
Cette couche se comporte exactement comme la couche d’air interne dans le cas de la pose murale d’isolant mince (voir paragraphe précédent).
b) La couche d’air externe :
Ici, contrairement au cas de figure de la pose murale, la couche externe est directement en contact avec l’extérieur, car toute la toiture est ventilée.
Comme les différences de température et d’hygrométrie peuvent varier beaucoup dans cette zone, il est très fortement conseillé de conserver la ventilation sous la toiture, dans tous les cas.
On doit bien faire la distinction : l’isolant mince sert de barrière pratiquement étanche entre l’air de la pièce (comble, chambre…) et celui de l’extérieur.
Mais à partir de la surface externe de l’isolant mince, on ne doit plus empêcher l’air de circuler.
Le bois (volige, notamment) qui soutient la toiture doit continuer de respirer, sous peine de désordres.
Pour la pose de l’isolant mince, cela ne pose pas de difficultés : on pose l’isolant mince en fermant tous les espaces intérieurs, mais en laissant toujours un vide d’air sous le dernier niveau de la toiture (cf. les schémas de pose dans le site).
3°) Que faire en cas de désordre ?
Nous venons de montrer que l’isolation n’est pas la responsable de la condensation dans une maison, mais réaliser une isolation dans une maison qui a déjà des problèmes d’humidité peut se révéler désastreux.
Nous conseillons donc de s’assurer d’avoir une habitation exempte de tout problème d’humidité avant de se lancer dans une isolation.
En cas d’apparition d’humidité dans une habitation, il est impératif de savoir d’où provient cette humidité.
Les pistes principales sont
a) fuite de la toiture.
L’eau vient d’en haut et s’infiltre par toute ouverture.
Il faut réparer la toiture.
b) Remontées capillaires par le sol
C’est un cas classique d’humidité dans une maison.
L’eau, en excès dans le sol ou le sous-sol, remonte par la porosité des murs (phénomène de capillarité). On peut observer les murs, de l’extérieur, et noter une humidité plus importante à leur base (variable selon la façade).
Dans ce cas il faut également stopper cette humidité soit en pratiquant des « drains » à différents endroits vers la base, soit en laissant respirer le mur dans le niveau inférieur (cave ou sous-sol) quand cela est possible : par exemple enlever une couche de peinture brillante qui a bloqué la porosité du mur à ce niveau, etc…
c) Fissures dans les murs
Réparer
d) Condensation :
S’il s’agit bien de condensation et pas d’humidité due à une des causes précédentes, alors il faut augmenter le renouvellement d’air ou créer de ventilations nouvelles.
